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Commercer et exporter · Guide de référence

ZLECAf en 2026 : ce que la zone de libre-échange continentale change pour une PME de l'UEMOA

Signée le 21 mars 2018 et entrée en vigueur le 30 mai 2019, la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) a officiellement démarré ses échanges commerciaux en janvier 2021. Cinq ans plus tard, en 2026, l'ambition d'un marché unique de plus d'un milliard de consommateurs reste en construction : les droits de douane baissent progressivement, un système de paiement panafricain se déploie, mais la clé d'accès aux avantages tarifaires — le certificat d'origine — reste, pour beaucoup de PME de l'UEMOA, le principal obstacle pratique.

En bref
La ZLECAf est un accord de libre-échange qui réunit la quasi-totalité des États africains dans l'objectif de supprimer progressivement les droits de douane sur 90 % des lignes tarifaires du commerce intra-africain, et de faciliter la circulation des biens, services et capitaux sur le continent. Pour une PME de l'UEMOA, l'avantage concret est double : d'une part des tarifs douaniers réduits ou nuls pour vendre dans d'autres pays africains membres, à condition d'obtenir un certificat d'origine prouvant que le produit est bien « originaire » d'Afrique selon des règles précises ; d'autre part, à terme, un accès à un système de paiement continental (le PAPSS, Pan-African Payment and Settlement System) permettant de régler une transaction directement en monnaie locale, sans passer par le dollar ou l'euro ni par des banques correspondantes situées hors du continent. Cinq ans après le début des échanges commerciaux (janvier 2021), le commerce intra-africain — historiquement inférieur à 18 % du commerce total du continent — progresse, avec une estimation d'environ 230 milliards de dollars d'échanges intra-africains en 2026 (soit une hausse d'environ 10 %), portée notamment par l'Initiative commerciale guidée (Guided Trade Initiative), un dispositif pilote testant les mécanismes commerciaux entre plusieurs pays. Mais la maîtrise des règles d'origine et l'obtention du certificat d'origine restent, en pratique, la principale difficulté pour les PME qui veulent réellement bénéficier des tarifs préférentiels.
AspectCe qui existe déjà (2026)Ce qui reste en construction
Réduction tarifaireObjectif d'élimination de 90 % des lignes tarifaires sur le commerce intra-africain, progressivement mis en œuvreApplication effective inégale selon les pays et les filières ; nombreuses lignes encore protégées
Règles d'origine et certificatCritères mesurables définis (OMD, secrétariat ZLECAf) pour déterminer l'origine africaine d'un produit ; guide rapide publié par l'Organisation mondiale des douanesDigitalisation de la délivrance des certificats encore en déploiement pays par pays (ex. plateformes électroniques en projet) ; formation des PME et des douanes encore inégale
Paiement transfrontalier (PAPSS)Système lancé commercialement en janvier 2022 par Afreximbank, l'Union africaine et le secrétariat de la ZLECAf ; 28 pays connectés, plus de 190 banques et fintechs, volume de transactions en hausse de 1 000 % entre 2025 et 2026BCEAO encore en simple phase pilote d'observation (6 mois, 80+ banques UEMOA) en 2026, sans adhésion pleine ; CEMAC en cours d'intégration via la BEAC (adhésion signée juillet 2026)
Mécanisme d'expérimentation commercialeInitiative commerciale guidée (Guided Trade Initiative) : premiers échanges tests entre plusieurs pays sous le régime préférentielGénéralisation à l'ensemble des filières et des pays membres encore progressive
Volume d'échanges intra-africainsEnviron 230 milliards de dollars projetés en 2026 (+10 % environ)Reste très inférieur au potentiel ; le commerce intra-africain représentait historiquement moins de 18 % du commerce total du continent

Cinq ans après : des débuts concrets, mais un chantier encore ouvert

Lorsque les échanges commerciaux sous le régime de la ZLECAf ont officiellement débuté en janvier 2021, l'ambition était considérable : créer progressivement un vaste marché continental et stimuler des échanges intra-africains encore relativement limités. Cinq ans plus tard, en septembre 2026, la zone de libre-échange a franchi plusieurs étapes importantes — réduction progressive des droits de douane sur l'objectif des 90 % des lignes tarifaires, mise en place de l'Initiative commerciale guidée entre plusieurs pays pionniers, croissance du commerce intra-africain (environ 230 milliards de dollars projetés en 2026) — mais l'écart entre l'ambition politique et la réalité quotidienne des entreprises reste important.

Le vrai obstacle pratique : les règles d'origine

Pour une PME, le tarif préférentiel ne s'applique pas automatiquement : il faut prouver, via un certificat d'origine, que le produit exporté est bien « originaire » d'Afrique selon des critères précis et mesurables, qui varient selon la catégorie de produit. Cette exigence, documentée par un guide rapide de l'Organisation mondiale des douanes, suppose de retracer ses approvisionnements et de documenter ses étapes de transformation — un travail administratif souvent sous-estimé par les petites entreprises. Plusieurs pays, comme le Togo, ont lancé en 2026 des ateliers nationaux sur les règles d'origine avec l'appui de l'OMD et de l'UEMOA, et travaillent à digitaliser la délivrance des certificats pour accélérer le processus.

Le PAPSS : payer sans passer par le dollar, mais pas encore partout

Adossé à la ZLECAf, le système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS) — conçu par Afreximbank avec l'Union africaine et le secrétariat de la ZLECAf, lancé commercialement en janvier 2022 — permet à deux entreprises africaines de régler une transaction directement dans leurs monnaies respectives, sans passer par une devise tierce ni par des banques correspondantes situées hors du continent, en moins de deux minutes selon la plateforme. Le réseau couvre déjà 28 pays et plus de 190 banques et fintechs, avec un volume de transactions en hausse de 1 000 % entre 2025 et 2026. Mais dans l'UEMOA, la BCEAO reste en 2026 à un stade exploratoire : elle prépare une phase pilote de six mois avec plus de 80 banques commerciales de l'Union, mais y participe comme simple observateur — une posture plus prudente que celle de la BEAC (zone CEMAC), qui a signé une adhésion pleine en juillet 2026.

Étapes

  1. Vérifier que son produit est éligible aux préférences tarifaires
    Toutes les marchandises ne bénéficient pas automatiquement des tarifs réduits : il faut d'abord vérifier que la ligne tarifaire du produit fait partie des catégories couvertes par les listes de démantèlement tarifaire déjà négociées entre les États membres.
  2. Maîtriser les règles d'origine applicables à son produit
    Les règles d'origine sont des critères mesurables qui déterminent si un produit peut être considéré comme « originaire » d'Afrique — selon le degré de transformation réalisé localement, la part de composants importés, ou d'autres critères spécifiques à chaque catégorie de produit. Un guide rapide publié par l'Organisation mondiale des douanes (OMD) détaille ces règles.
  3. Documenter son processus de production
    Concrètement, cela suppose de pouvoir retracer ses approvisionnements (d'où viennent les matières premières et composants), documenter précisément les étapes de transformation réalisées dans l'entreprise, et être en mesure de démontrer la part de valeur ajoutée locale.
    Documents : Registres d'approvisionnement, fiches de production, factures fournisseurs
  4. Obtenir le certificat d'origine auprès de l'administration compétente
    Le certificat d'origine est le document officiel qui prouve l'origine africaine de la marchandise et permet de bénéficier concrètement du tarif préférentiel à l'importation dans le pays de destination. Plusieurs pays (dont le Togo, avec l'appui de l'OMD et de l'UEMOA) travaillent en 2026 à digitaliser et accélérer sa délivrance.
    Documents : Certificat d'origine ZLECAf, dossier justificatif de transformation
  5. Anticiper le mode de paiement de la transaction
    Là où c'est disponible, le système panafricain de paiement (PAPSS) permet de régler directement en monnaie locale, en quelques minutes, sans passer par une devise tierce ni par des banques correspondantes hors du continent — réduisant délais et coûts. Dans l'UEMOA, la BCEAO n'est en 2026 qu'en phase pilote d'observation : vérifier au cas par cas la disponibilité du système auprès de sa banque.
  6. Suivre l'évolution du cadre réglementaire national
    Chaque État membre transpose et applique la ZLECAf à son rythme : se tenir informé des ateliers nationaux sur les règles d'origine (comme ceux organisés par les ministères du Commerce avec l'appui de l'UEMOA et de l'OMD) permet d'anticiper les évolutions pratiques du dispositif dans son pays.

Questions fréquentes

La ZLECAf est-elle déjà pleinement opérationnelle en 2026 ?

Partiellement. Cinq ans après le début officiel des échanges commerciaux (janvier 2021), les droits de douane baissent progressivement et l'Initiative commerciale guidée a permis de tester les mécanismes entre plusieurs pays, mais l'application reste inégale selon les pays et les filières. Le commerce intra-africain progresse (environ 230 milliards de dollars projetés en 2026) sans pour autant avoir atteint son plein potentiel.

Qu'est-ce qu'un certificat d'origine et pourquoi est-il indispensable ?

C'est le document officiel qui prouve qu'une marchandise est bien « originaire » d'Afrique selon les critères définis par les règles d'origine de la ZLECAf. Sans ce certificat, un produit ne peut pas bénéficier du tarif douanier préférentiel à l'importation dans un autre pays membre, même si le produit est physiquement fabriqué en Afrique.

Le PAPSS est-il disponible pour les entreprises de l'UEMOA en 2026 ?

Pas encore pleinement. La BCEAO prépare en 2026 une phase pilote de six mois avec plus de 80 banques commerciales de l'UEMOA, mais elle y participe comme simple observateur, pas comme membre engagé — contrairement à la BEAC (zone CEMAC), qui a signé une adhésion pleine en juillet 2026. La date de démarrage effectif du pilote UEMOA n'était pas encore communiquée en septembre 2026.

Qu'est-ce que l'Initiative commerciale guidée (Guided Trade Initiative) ?

C'est un dispositif pilote de la ZLECAf qui a permis de tester, entre un nombre limité de pays volontaires, les mécanismes commerciaux prévus par l'accord (dédouanement préférentiel, règles d'origine, logistique) avant une généralisation progressive à l'ensemble des États membres.

Une PME doit-elle transformer entièrement son produit en Afrique pour bénéficier de la ZLECAf ?

Pas nécessairement une transformation totale, mais un degré de transformation suffisant selon les critères spécifiques à chaque catégorie de produit (part de composants importés, valeur ajoutée locale, etc.). C'est précisément l'objet des règles d'origine, qui varient selon le type de marchandise — d'où l'importance de les maîtriser produit par produit plutôt que de façon générale.

Sources

Mis à jour le 26 septembre 2026.

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