Zimbabwe : le Sénat ordonne au ministère des Mines de stopper l'exploitation minière illégale à Christmas Pass et Marlborough
Le Zimbabwe fait face depuis des années à l'expansion de l'exploitation minière artisanale informelle, dite "makorokoza", qui échappe au contrôle de l'État et menace environnement et sécurité des populations. Ce secteur informel emploie des centaines de milliers de personnes dans un pays riche en or, chrome et diamants, générant régulièrement effondrements de galeries, pollution des cours d'eau et empiétement sur des zones habitées. C'est dans ce contexte que le vice-président du Sénat, le Lt. Gen. (Rtd) Michael R. Nyambuya, a ordonné au ministère des Mines et du Développement minier de stopper immédiatement les activités minières illégales à Christmas Pass, à Mutare (province du Manicaland), et à Marlborough, banlieue de Harare, invoquant des "préoccupations liées à la sécurité publique et à la dégradation environnementale", selon New Zimbabwe/AllAfrica. Pour les habitants de ces localités, la mesure pourrait réduire les nuisances (bruit, poussière, risques d'effondrement), mais elle prive aussi des mineurs informels de revenus, dans un pays où le chômage formel reste très élevé. Ce type d'injonction parlementaire, récurrente au Zimbabwe, se heurte historiquement à des difficultés d'application : le ministère des Mines dispose de moyens de contrôle limités face à la pression économique qui pousse des milliers de Zimbabwéens vers l'exploitation artisanale, souvent liée à des réseaux locaux difficiles à démanteler.
Ferenc Almasi
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