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Eswatini : un cadre d'achats groupés pour transformer ses peaux brutes en produits finis

L'Eswatini produit chaque année entre 220 000 et 250 000 peaux et cuirs bruts, dont la majorité quitte le pays à l'état brut ou salé-humide, faute de transformation locale. Un atelier tenu les 6 et 7 octobre 2026 à Ezulwini, organisé par la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique (CEA), l'ALLPI et le gouvernement d'Eswatini, a validé un Cadre d'achats groupés pour le secteur du cuir. Selon la Stratégie de la chaîne de valeur du cuir, transformer ces peaux en produits finis pourrait porter leur valeur d'environ 78,7 millions d'emalangeni à l'état brut à près de 943,8 millions une fois finies. Phesheya Dube, sous-secrétaire au ministère du Commerce, intervenant au nom du secrétaire principal Melusi Masuku, a pointé l'absence de tannerie commerciale. « Les achats groupés seuls ne suffiront pas à transformer le secteur. Il faut une attention continue sur le tannage, les compétences, les machines, le design, les normes, le financement et l'accès aux marchés », a-t-il déclaré. Zodwa Mabuza, conseillère régionale pour le commerce et l'intégration régionale à la CEA, a rappelé que le marché africain du cuir pesait environ 3,9 milliards de dollars en 2024, malgré de fortes importations de produits finis. Le chômage des 15-24 ans dépasse 50 % en Eswatini. Nicholas Mudungwe (ALLPI) a cité la croissance de Bata, présente dans près de 90 pays, pour inciter les PME locales à voir plus grand. Le Cadre pose les bases pour un fonds renouvelable et des achats groupés d'intrants pour réduire les coûts de transaction et renforcer le pouvoir de négociation des artisans et MPME. Son efficacité dépendra de la gouvernance mise en place. Repère Sankofa — Transformer localement une matière première avant de l'exporter n'est pas un détail technique : c'est la condition pour qu'un pays capte la valeur ajoutée de ses propres ressources plutôt que de la céder à des tiers. Un cadre d'achats groupés pose une première pierre vers une maîtrise plus complète de cette chaîne de valeur.

Rédaction Sankofa Finance·
Eswatini : un cadre d'achats groupés pour transformer ses peaux brutes en produits finis

Nana Adwuma

Un cadre d'achats groupés pour le secteur du cuir en Eswatini

L'Eswatini, un petit royaume d'Afrique australe, fait face à un défi majeur dans son secteur du cuir. Chaque année, le pays produit entre 220 000 et 250 000 peaux et cuirs bruts, cependant, la majorité sont exportés en forme brute ou salée-humide, limitant la valeur ajoutée au sein du pays. Ce constat a conduit à l'organisation d'un atelier à Ezulwini, les 6 et 7 octobre 2026, par la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique (CEA), l'Institut africain du cuir et des produits en cuir (ALLPI) et le gouvernement d'Eswatini. Cet événement a permis de valider un Cadre d'achats groupés destiné à dynamiser le secteur du cuir.

Une opportunité économique à saisir

La transformation des peaux brutes en produits finis pourrait augmenter leur valeur de près de 78,7 millions d'emalangeni à environ 943,8 millions. Cette perspective souligne l'énorme potentiel économique que représente le développement d'une industrie locale du cuir. Cependant, Phesheya Dube, sous-secrétaire au ministère du Commerce, a souligné que les achats groupés à eux seuls ne suffiront pas à transformer le secteur. Il est impératif de se concentrer sur plusieurs aspects, tels que le tannage, les compétences, les machines, le design, les normes, le financement et l'accès aux marchés. Le manque d'une tannerie commerciale en Eswatini constitue un frein à la valorisation de cette ressource. Le pays dépend fortement des importations de cuir et d'autres intrants, ce qui augmente les coûts d'exploitation et nuit à la compétitivité des micro, petites et moyennes entreprises (MPME) sur les marchés local et régional.

Un cadre pour la gouvernance et la durabilité

Le Cadre d'achats groupés vise à établir les bases d'un fonds renouvelable et à faciliter les achats groupés d'intrants. Cela devrait permettre de réduire les coûts de transaction et de renforcer le pouvoir de négociation des artisans et des MPME. Cependant, son efficacité dépendra de la gouvernance mise en place, qui est essentielle pour assurer la transparence et la durabilité du projet. Zodwa Mabuza, conseillère régionale pour le commerce à la CEA, a également mis en avant le marché africain du cuir, évalué à environ 3,9 milliards de dollars en 2024, et le potentiel d'intégration régionale que cela représente. La création de chaînes de valeur compétitives pourrait générer des opportunités d'emploi pour les jeunes, dont le chômage dépasse 50 % en Eswatini.

Inspiration et vision à long terme

Nicholas Mudungwe de l'ALLPI a encouragé les PME locales à adopter une vision plus ambitieuse, en citant la croissance de Bata, présente dans près de 90 pays. Il a souligné que le développement d'une politique industrielle doit s'adapter aux réalités changeantes du marché. Le cadre d'achats groupés pourrait servir de modèle pour d'autres pays de la région, en consolidant les exigences des artisans du cuir et des MPME, l'approvisionnement collectif devrait créer des économies d'échelle. Les discussions lors de l'atelier ont permis de dégager des recommandations pratiques qui seront intégrées dans le cadre final et son plan de mise en œuvre.

Ce que cela change

Pour un entrepreneur ou un investisseur africain, la mise en place de ce cadre d'achats groupés signifie une opportunité de s'engager dans un secteur à fort potentiel de croissance. En favorisant la transformation locale des matières premières, les entreprises peuvent non seulement augmenter leur rentabilité, mais aussi contribuer à la création d'emplois et à la réduction du chômage. Cela représente également un pas vers une plus grande autonomie économique, en permettant aux pays africains de capter une plus grande part de la valeur ajoutée de leurs ressources naturelles. Source : CEA-ONU (UNECA)

Source : CEA-ONU (UNECA)

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