Afrique du Sud : l'hydrogène vert, pilier de la nouvelle stratégie industrielle de Pretoria
Le South Africa Green Hydrogen Fund a bouclé en août une première tranche de 3 milliards de rands, ancrée par la Commission européenne via son Global Gateway, a annoncé le ministre sud-africain du Commerce, de l'Industrie et de la Concurrence Parks Tau, mardi lors de l'Africa Green Hydrogen Summit au Cap, selon SAnews.gov.za. Le Global Gateway ajoute 628 millions de rands de subventions : 490 millions pour les infrastructures hydrogène, censés mobiliser 10 milliards de rands supplémentaires, et 138 millions pour verdir Transnet. L'Allemagne apporte 40 millions d'euros via la KfW, dans le cadre du JET-IP géré par l'Industrial Development Corporation, qui a identifié 24 projets stratégiques. Le dtic soutient aussi Hive Hydrogen, porteur du projet Coega Green Ammonia, dont la diligence financière débloque 12,5 millions de rands sur 25 millions prévus. « Nous devons exporter plus de valeur et moins de potentiel brut. Nous devons remonter la chaîne de valeur et devenir producteurs, non simples fournisseurs de ressources », a déclaré Parks Tau. Le ministre évoque des dizaines de milliers d'emplois et des milliards de rands d'activité économique, appelant à une coopération régionale via l'Africa Green Hydrogen Alliance. Repère Sankofa — Transformer l'hydrogène en ammoniac avant exportation ne vaut souveraineté industrielle que si le capital et la valeur ajoutée restent majoritairement sud-africains. Un projet financé par des banques de développement étrangères reste un pas vers l'industrialisation, pas son aboutissement.
Yanick Folly
L'hydrogène vert comme levier d'industrialisation en Afrique du Sud
L'Afrique du Sud se positionne résolument sur la voie de l'industrialisation grâce à l'hydrogène vert, un élément central de la stratégie industrielle du gouvernement. Lors du sommet de l'hydrogène vert en Afrique, le ministre sud-africain du Commerce, de l'Industrie et de la Concurrence Parks Tau a déclaré que l'hydrogène est l'un des outils qui catalysera la réindustrialisation de l'Afrique du Sud. Le pays cherche à se distancier d'un modèle économique basé sur l'exportation de matières premières en faveur d'une approche qui privilégie la production de valeur ajoutée. Le South Africa Green Hydrogen Fund, qui a récemment bouclé une première tranche de financement de 3 milliards de rands, illustre cette ambition. Ce fonds, soutenu par la Commission européenne à travers son initiative Global Gateway, reçoit également des subventions pour le développement d'infrastructures liées à l'hydrogène. Ces investissements visent à mobiliser des ressources supplémentaires, et le ministre a évoqué la nécessité de remonter la chaîne de valeur pour devenir des producteurs plutôt que de simples fournisseurs de ressources.
Des projets stratégiques pour l'avenir
Le gouvernement sud-africain, par l'intermédiaire de l'Industrial Development Corporation, a identifié 24 projets stratégiques dans le cadre du Just Energy Transition Investment Plan (JET-IP). Parmi ces projets, le projet Coega Green Ammonia, dont la diligence financière débloque 12,5 millions de rands sur 25 millions prévus, se distingue par son potentiel à transformer l'hydrogène en ammoniac pour l'exportation. Toutefois, cette stratégie de transformation ne sera véritablement bénéfique que si la majorité du capital et de la valeur ajoutée restent entre les mains sud-africaines. Les financements étrangers, bien qu'indispensables pour initier l'industrialisation, ne doivent pas être perçus comme une fin en soi. Parks Tau a déclaré qu'il est nécessaire de travailler en tant que région pour construire cette prospérité. En effet, aucun pays africain ne pourra relever seul ce défi, et une approche collective permettra de renforcer l'offre du continent sur la scène mondiale.
Emplois et croissance économique
L'impact de cette transition vers l'hydrogène vert pourrait être significatif en termes d'emplois et d'activité économique. Parks Tau évoque des dizaines de milliers d'emplois et des milliards de rands d'activité économique. Cela souligne l'importance d'une transition industrielle qui ne se limite pas à des objectifs environnementaux, mais qui vise également à renforcer le tissu économique local. Pour les entrepreneurs et investisseurs africains, cette dynamique représente une occasion unique de s'engager dans des secteurs à fort potentiel de croissance. En se positionnant sur des projets liés à l'hydrogène vert, ils peuvent non seulement contribuer à la durabilité environnementale, mais aussi bénéficier d'une nouvelle source de revenus et d'opportunités d'affaires.
Une vision à long terme
Le ministre a déclaré que l'hydrogène est l'un des outils ensemble avec des carburants d'aviation durables, des produits chimiques verts et des carburants maritimes verts. Cette vision intégrée est essentielle pour garantir la compétitivité de l'Afrique du Sud dans les décennies à venir. En adoptant une approche proactive et en investissant dans des technologies durables, le pays espère non seulement améliorer son économie, mais aussi jouer un rôle de leader sur la scène internationale en matière de transition énergétique.
Ce que cela change
Pour les PME et les investisseurs africains, cette nouvelle stratégie axée sur l'hydrogène vert ouvre des perspectives prometteuses. Cela signifie qu'il existe désormais des opportunités pour s'engager dans des projets innovants et durables, qui non seulement répondent aux besoins croissants en matière d'énergie propre, mais qui peuvent également générer des bénéfices économiques substantiels. En s'alignant sur cette vision, les acteurs économiques peuvent contribuer à la transformation de l'Afrique du Sud en un acteur clé de l'économie verte mondiale, tout en renforçant leur propre position sur le marché. Source : SAnews.gov.za
Source : SAnews.gov.za
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