CEMAC : un excédent commercial de 10,2 milliards USD avec la Chine qui cache des fractures internes
Depuis une décennie, la Chine s'est imposée comme le premier partenaire commercial de la zone CEMAC (Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad), portée par ses achats de pétrole et ses ventes de biens manufacturés. Le premier semestre 2026 confirme cette dynamique à grande échelle. Selon les douanes chinoises, citées par Financial Afrik, le volume des échanges entre Pékin et les six États de la CEMAC a atteint 5 925,9 milliards de FCFA, soit environ 10,2 milliards USD. Ce commerce dégage un excédent net proche de 2 milliards USD en faveur du bloc régional, généré essentiellement par les exportations pétrolières du Congo, du Gabon, du Tchad et de la Guinée équatoriale. Cet excédent agrégé profite avant tout aux États producteurs d'or noir, tandis que le Cameroun et la Centrafrique, dépourvus de rentes pétrolières comparables, importent massivement des équipements et produits manufacturés chinois, sans que la source ne détaille leur balance bilatérale propre. Ce résultat illustre le caractère structurellement inégal du partenariat : la performance globale masque une dépendance persistante aux hydrocarbures pour les uns, un déficit potentiel pour les autres, et une exposition commune à la volatilité des cours mondiaux du pétrole, sans transformation locale ni diversification industrielle visible à ce stade.

Une dynamique commerciale inégale
La zone CEMAC, qui regroupe le Cameroun, la Centrafrique, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale et le Tchad, a vu ses échanges avec la Chine atteindre des sommets, avec le volume des échanges entre Pékin et les six États de la CEMAC a atteint 5 925,9 milliards de FCFA, soit environ 10,2 milliards USD. Ce chiffre, bien qu'impressionnant, soulève des questions sur la nature même de ce partenariat. En effet, un excédent net proche de 2 milliards USD grâce aux exportations pétrolières du Congo, du Gabon, du Tchad et de la Guinée équatoriale, masque une réalité plus complexe. Les pays producteurs de pétrole, comme le Congo et le Gabon, bénéficient d'une rente significative, tandis que le Cameroun et la Centrafrique, dépourvus de rentes pétrolières comparables, importent massivement des équipements et produits manufacturés chinois. Cette situation met en lumière les fractures internes au sein de la CEMAC, où les bénéfices d'un commerce florissant ne sont pas répartis de manière équitable entre les États membres.
Une dépendance aux hydrocarbures
Le caractère structurellement inégal du partenariat : la performance globale masque une dépendance persistante aux hydrocarbures. Ce modèle économique, basé sur l'exportation de matières premières, expose la région à des risques considérables en cas de choc pétrolier. En l'absence d'une base industrielle diversifiée, la capacité des pays de la CEMAC à résister à des variations de marché reste limitée. Pour le Cameroun, qui affiche un déficit commercial vis-à-vis de la Chine, cette dépendance aux hydrocarbures est particulièrement préoccupante. Cela souligne l'urgence d'une diversification économique pour éviter un scénario où le pays serait encore plus vulnérable face aux fluctuations des marchés mondiaux.
Un accès préférentiel aux marchés chinois
Le 1er mai 2026, la Chine a mis en place une franchise douanière totale pour les exportations de 53 pays africains, une mesure qui pourrait avoir des implications significatives pour la CEMAC. Toutefois, le bénéfice potentiel de la mesure dépendra largement de la capacité des économies non pétrolières, à commencer par le Cameroun, à diversifier leur offre exportable au-delà des matières premières. Cela signifie qu'il est essentiel de développer des secteurs industriels capables de produire des biens à forte valeur ajoutée, au lieu de rester dans un modèle d'exportation de matières premières. Les analystes soulignent que cette initiative chinoise pourrait également être perçue comme une stratégie géopolitique visant à sécuriser l'accès aux ressources critiques, tout en détournant les surcapacités industrielles chinoises vers l'Afrique. Ainsi, la question centrale pour les capitales de la CEMAC n’est donc pas tant le volume brut des échanges que leur capacité à transformer l’accès préférentiel au marché chinois en diversification productive réelle.
Un tableau commercial à relativiser
Il est important de mettre en perspective les échanges entre la CEMAC et la Chine par rapport au commerce global entre la Chine et l'Afrique. Les échanges avec la CEMAC ne représentent qu’environ 5% du commerce sino-africain, ce qui relativise les discours qui présentent la région comme un pôle stratégique pour Pékin. En effet, Soit une hausse de 24% en glissement annuel, selon les douanes chinoises, la part de la CEMAC dans le commerce extérieur chinois reste marginale. Cette situation soulève des interrogations sur la capacité de la CEMAC à s'affirmer comme un acteur économique significatif sur la scène internationale. Une dépendance aux hydrocarbures pour les uns, un déficit potentiel pour les autres, et une exposition commune à la volatilité des cours mondiaux du pétrole, sans transformation locale ni diversification industrielle visible à ce stade.
Source : Financial Afrik
Source : Financial Afrik
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