Les fortes pluies, principale menace climatique pour les rendements de cacao selon une étude de Harvard
Une étude publiée dans la revue scientifique PNAS par des chercheurs de l'Université Harvard établit que les pluies extrêmes constituent la principale menace climatique pour les rendements du cacao dans les zones tropicales, devant la hausse des températures ou les pénuries d'eau. L'analyse des régimes pluviométriques au Ghana, en Indonésie et en Équateur — trois des principaux pays producteurs mondiaux — montre que ces déficits de production menacent les revenus de près de six millions d'agriculteurs pour qui le cacao constitue la principale source de subsistance, selon SciDev.Net qui a recueilli ces résultats. Anna Léa Albright, chercheuse au Département des sciences de la Terre et des planètes de Harvard et auteure principale de l'étude, explique que « les fortes pluies et les vents violents peuvent endommager physiquement les fleurs et les jeunes gousses » et que « le cacaoyer dépend de minuscules insectes pour sa pollinisation », perturbée par les averses. Peter Huybers, co-auteur, précise que la pourriture noire des cabosses apparaît environ une semaine après un épisode pluvieux, ses spores se propageant par éclaboussures. L'Afrique de l'Ouest produit environ 70 % du cacao mondial, l'Amérique latine 25 % dont 12 % pour l'Équateur. Lors des épisodes El Niño, l'Afrique de l'Ouest et l'Indonésie connaissent généralement une baisse des précipitations, tandis que l'Équateur et l'Afrique de l'Est subissent de fortes averses ; un épisode El Niño intense continue de se renforcer avant d'atteindre son pic prévu vers décembre. Des chercheurs indépendants comme William Melo Zipacón (Alliance Bioversity-CIAT) nuancent ces conclusions, estimant que l'impact dépend de la gestion des parcelles. Pour les producteurs ouest-africains, dont les revenus dépendent directement des récoltes annuelles, ces résultats renforcent l'urgence d...
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Les pluies extrêmes, une menace pour la culture du cacao
Une étude récente menée par des chercheurs de l'Université Harvard et publiée dans la revue PNAS met en lumière l'impact des pluies extrêmes sur la culture du cacao, une culture essentielle pour des millions d'agriculteurs dans les régions tropicales. Selon cette recherche, les pluies extrêmes constituent l’une des plus grandes menaces climatiques pour les rendements du cacao dans les régions tropicales ; nuisant à la production bien plus que la hausse des températures ou les pénuries d’eau. Cette situation est particulièrement préoccupante pour les producteurs de cacao au Ghana, en Indonésie et en Équateur — trois des principaux pays producteurs de cacao au monde. Les résultats de l'étude révèlent que les fortes pluies peuvent endommager physiquement les fleurs et les jeunes gousses du cacaoyer. Anna Léa Albright, l'auteure principale de l'étude, souligne que le cacaoyer dépend de minuscules insectes pour sa pollinisation, et que les fortes averses perturbent ce processus crucial. De plus, les conditions humides favorisent l'apparition de maladies fongiques, notamment la pourriture noire des cabosses, qui se propage rapidement après des épisodes pluvieux.
L'impact des épisodes El Niño
L'étude met également en évidence le lien entre les épisodes climatiques tels qu'El Niño et les variations des régimes de précipitations. Lors de ces épisodes, l'Afrique de l'Ouest et l'Indonésie subissent généralement une réduction des précipitations, tandis que l'Équateur et l'Afrique de l'Est connaissent des averses intenses. Cela signifie que les producteurs de cacao doivent faire face à des défis variés selon leur localisation géographique. En période d'El Niño, les fortes pluies qui s’abattent sur la côte de ce pays entre février et avril ont un impact considérable sur les récoltes six à huit mois plus tard, ce qui complique la planification pour les agriculteurs. Les chercheurs notent que l'Afrique de l'Ouest, qui produit environ 70 % du cacao mondial, est particulièrement vulnérable à ces changements climatiques. Les prévisions de pluies extrêmes pourraient donc jouer un rôle crucial dans l'adaptation des petits producteurs agricoles, leur permettant de mieux anticiper les périodes de risque et de prendre des mesures pour protéger leurs cultures.
Une gestion agricole adaptée aux conditions climatiques
Cependant, des experts indépendants, comme William Melo Zipacón, soulignent que l'impact des précipitations extrêmes varie en fonction de la gestion des parcelles. Par exemple, une culture de cacao mal entretenue ou plantée avec des clones sensibles peut subir des pertes plus importantes. Cela met en lumière l'importance d'une gestion agricole adéquate et d'une adaptation aux conditions climatiques changeantes. Rey Gastón Loor, responsable du programme cacao à l’Institut national de recherche agricole de l’Équateur, indique que des pluies extrêmes n’entraînent pas nécessairement une perte de rendement. Cela souligne la complexité de la relation entre les conditions climatiques et la production de cacao, et l'importance d'une approche nuancée pour comprendre comment ces facteurs interagissent.
Des systèmes d'alerte précoce pour les agriculteurs
Peter Huybers estime qu’un système d’alerte précoce aux risques spécifiques pour les cultures de cacao permettrait aux agriculteurs de réagir. Ces systèmes visent à relier les prévisions de précipitations aux périodes critiques pour les travaux agricoles, comme la taille, l'application de fongicides et la gestion du drainage. Une telle initiative pourrait permettre aux producteurs de cacao de mieux se préparer et de protéger leurs récoltes contre les effets néfastes des conditions climatiques extrêmes.
Ce que cela change
Pour un entrepreneur ou un investisseur africain dans le secteur du cacao, ces résultats soulignent l'importance d'intégrer des pratiques agricoles durables et adaptatives face aux défis climatiques. Autrement dit, la capacité à anticiper et à gérer les impacts des pluies extrêmes pourrait devenir un facteur clé de succès dans un marché de plus en plus volatile. Les initiatives visant à améliorer la gestion des cultures et à mettre en place des systèmes d'alerte précoce pourraient offrir des opportunités d'investissement significatives, tout en contribuant à la résilience des agriculteurs face aux aléas climatiques. Source : SciDev.Net Afrique subsaharienne (FR)
Source : SciDev.Net Afrique subsaharienne (FR)
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