Le président nigérian plaide pour la fin des exportations de cacao brut africain
Le président nigérian a plaidé pour une transformation locale du cacao plutôt que son exportation à l'état brut, rapporte Sputnik Afrique. L'Afrique produit environ 70% du cacao mondial mais ne capterait que 6 cents par dollar généré par l'industrie du chocolat, l'essentiel de la valeur ajoutée étant captée en dehors du continent. Le 14 juillet, la Côte d'Ivoire, le Ghana, le Nigeria et le Cameroun ont signé la Déclaration d'Abuja, créant une alliance destinée à favoriser la valorisation locale du cacao africain.
West Kenya Union Conference Adventist Media
Une nouvelle vision pour le cacao africain
Le président nigérian, Bola Tinubu, a récemment mis en lumière une problématique cruciale pour l'Afrique : la nécessité de transformer localement le cacao plutôt que de l'exporter à l'état brut. Lors du Sommet africain du cacao à Abuja, son ministre de l'Agriculture, Abubakar Kyari, a souligné que l'Afrique produit environ 70% du cacao mondial mais ne capterait que 6 cents par dollar généré par l'industrie du chocolat. Cette situation souligne un déséquilibre flagrant dans la chaîne de valeur du cacao, où l'essentiel des profits est siphonné par des acteurs extérieurs au continent.
Vers une valorisation locale du cacao
Le Nigeria, à travers ses initiatives, se positionne comme un acteur clé dans cette dynamique de transformation. Une unité de transformation de cacao d'une capacité de 70.000 tonnes à Shagamu, alors que la capacité de broyage du Nigeria a dépassé les 120.000 tonnes par an, témoigne d'une volonté d'augmenter la capacité de broyage du pays. Cette infrastructure est essentielle pour permettre au Nigeria de se concentrer sur la production de produits à valeur ajoutée, tels que le beurre de cacao et le chocolat, au lieu de se contenter d'exporter des fèves brutes. Le ministre Kyari a exprimé une vision claire : "Nous ne sommes pas ici pour déplorer cette réalité, mais pour y mettre fin." Cette déclaration marque un tournant dans la manière dont les pays africains, et en particulier le Nigeria, envisagent leur rôle dans le marché mondial du cacao. En renforçant les partenariats entre les pays producteurs, la Côte d'Ivoire, le Ghana, le Nigeria et le Cameroun ont signé la Déclaration d'Abuja créant une Alliance de valorisation.
Un appel à l'action pour les investisseurs
Le message du président nigérian et de son ministre est clair : le Nigeria est ouvert aux affaires et désireux d'attirer des investissements dans le secteur de la transformation du cacao. Cette ouverture pourrait offrir des opportunités significatives pour les investisseurs, en particulier ceux intéressés par l'agro-industrie. En développant des infrastructures et en soutenant les initiatives locales, les pays africains peuvent non seulement améliorer leur position sur le marché mondial, mais également créer des emplois et stimuler leur économie locale. Pour les entrepreneurs africains, cela signifie qu'il est temps de se tourner vers la transformation et la valorisation des ressources locales. La mise en place d'unités de transformation et la création de produits finis peuvent non seulement répondre à la demande croissante sur le marché intérieur, mais aussi permettre de capter une plus grande part de la valeur ajoutée générée par l'industrie du chocolat.
Ce que cela change
Pour un entrepreneur ou un investisseur africain, cette évolution vers la transformation locale du cacao représente une opportunité stratégique. En s'engageant dans ce secteur, il est possible de participer à la création d'une chaîne de valeur plus équitable, où les bénéfices restent sur le continent. Cela signifie également une diversification des activités économiques, une réduction de la dépendance aux exportations brutes et une meilleure résilience face aux fluctuations du marché mondial. En somme, la valorisation locale du cacao pourrait transformer non seulement l'économie nigériane, mais aussi celle de l'ensemble du continent africain, à condition que les acteurs locaux s'emparent de cette opportunité et travaillent ensemble pour bâtir un avenir plus prospère. Source : Sputnik Afrique
Source : Sputnik Afrique
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