Afrique du Sud : Ramaphosa appelle les BRICS à renforcer l'ordre multilatéral au sommet de New Delhi
L'Afrique compte 54 États membres de l'Organisation des Nations unies, soit près d'un cinquième de l'humanité, mais reste sans siège permanent au Conseil de sécurité, a affirmé le président sud-africain Cyril Ramaphosa samedi 12 septembre 2026 lors du 18e sommet des BRICS à New Delhi, en Inde. S'exprimant lors de la session à huis clos consacrée à la gouvernance mondiale inclusive, selon SAnews.gov.za, le chef de l'État a plaidé pour une réforme du Conseil de sécurité le rendant 'plus représentatif, plus responsable, transparent et efficace'. Il a détaillé quatre axes d'action pour les BRICS : rester une voix unie pour la réforme de l'ONU, démontrer par des résultats concrets l'efficacité de la coopération multilatérale -- notamment via la Nouvelle banque de développement pour financer infrastructures, sécurité alimentaire, santé, industrialisation et résilience climatique --, promouvoir une gouvernance plus équitable, et servir de pont entre blocs géopolitiques. Il a aussi appelé à la reddition de comptes pour les atrocités commises en Palestine, au Soudan et en Iran, rappelant que Pretoria a saisi la Cour internationale de justice et la Cour pénale internationale au nom du peuple palestinien. Arrivé vendredi, Ramaphosa a également participé au Forum des affaires des BRICS et à la table ronde des dirigeants d'entreprises Inde-Afrique du Sud, plaidant pour approfondir les relations productives au-delà de la seule hausse du commerce intra-BRICS. Cette offensive s'inscrit dans la stratégie sud-africaine de porte-voix du continent au sein d'un bloc élargi depuis 2024 à l'Égypte, l'Éthiopie et les Émirats arabes unis, et mise sur la Nouvelle banque de développement, dont Pretoria est membre fondateur, pour financer des projets sans passer par le FMI ou la Banque mondiale, dans un contexte de fragmentation croissante de l'ordre multilatéral.
Cheung Yin
Renforcer l'ordre multilatéral : l'appel de Ramaphosa aux BRICS
Lors du 18e sommet des BRICS à New Delhi, le président sud-africain Cyril Ramaphosa a souligné l'importance cruciale de renforcer l'ordre multilatéral face aux menaces croissantes qui pèsent sur les institutions et les règles internationales. Il a fait valoir que, malgré les succès passés du multilatéralisme dans l'organisation des relations mondiales et la promotion des droits humains, la pertinence des Nations unies et la durabilité de cet ordre sont désormais mises à mal par des violations flagrantes de la Charte des Nations unies et le recours à la guerre pour résoudre des différends entre États. Ramaphosa a affirmé que le groupe BRICS a un rôle fondamental à jouer dans la défense et le renforcement de cet ordre multilatéral. Il a plaidé pour un système global prévisible basé sur le droit international, avec la Charte des Nations unies au centre. Cette position souligne l'aspiration de l'Afrique du Sud à être un porte-voix pour le continent, en appelant à une représentation plus équitable des pays en développement dans les instances internationales.
Les axes d'action pour les BRICS
Le président sud-africain a détaillé quatre axes d'action pour le groupe BRICS. Premièrement, il a insisté sur la nécessité de rester une voix unie pour la réforme du système des Nations unies, afin qu'il reflète les réalités actuelles et que toutes les régions soient efficacement représentées. Deuxièmement, il a souligné que le BRICS doit démontrer que la coopération multilatérale peut produire des résultats concrets, notamment à travers la Nouvelle banque de développement, qui finance des projets dans divers domaines tels que l'infrastructure, la sécurité alimentaire, la santé, l'industrialisation et la résilience climatique. Troisièmement, Ramaphosa a appelé à une gouvernance mondiale plus équitable et responsable, tandis que, quatrièmement, il a souligné que le BRICS doit servir de pont entre les différentes divisions géopolitiques. Pour les entrepreneurs et investisseurs africains, cela signifie que le BRICS pourrait devenir un vecteur d'opportunités de financement et de collaboration, en particulier dans des secteurs clés comme l'énergie et les infrastructures.
Appel à la reddition de comptes
Un autre point crucial soulevé par Ramaphosa concerne la nécessité d'une reddition de comptes pour les atrocités commises dans des régions comme la Palestine, le Soudan et l'Iran. Il a rappelé que l'Afrique du Sud a saisi des instances judiciaires internationales pour défendre les droits du peuple palestinien, soulignant ainsi l'importance de la justice internationale. Cela met en lumière le rôle que les pays africains peuvent jouer dans la promotion des droits humains à l'échelle mondiale, ce qui pourrait renforcer leur position sur la scène internationale.
Ramaphosa a également insisté sur le fait que l'ordre international doit être fondé sur l'égalité souveraine des États, territorialité et indépendance politique. Il a dénoncé les interventions dans les affaires internes des États et a appelé à un règlement pacifique des différends, en respectant les droits humains et le droit à l'autodétermination.
Représentation de l'Afrique au Conseil de sécurité de l'ONU
Le président sud-africain a fait remarquer que, bien que l'Afrique compte 54 États membres de l'Organisation des Nations unies, elle reste sans siège permanent au Conseil de sécurité. Il a qualifié cette situation d'injuste et de non durable, réitérant l'appel à une réforme complète de ce Conseil pour le rendre plus représentatif, responsable, transparent et efficace. Pour les investisseurs, cela signifie qu'une représentation accrue de l'Afrique dans les instances décisionnelles pourrait favoriser un environnement plus stable et prévisible pour les affaires.
Ce que cela change
Pour un entrepreneur ou un investisseur africain, ces développements au sein du BRICS et l'appel à un ordre multilatéral renforcé peuvent ouvrir de nouvelles perspectives. Cela signifie que les pays africains, par le biais de leur collaboration au sein de ce bloc, pourraient bénéficier d'un accès accru à des financements et à des partenariats stratégiques, tout en participant à des discussions sur des normes et des régulations qui favorisent le développement durable. En somme, cette dynamique pourrait transformer le paysage économique africain en offrant des opportunités de croissance et de coopération à l'échelle mondiale. Source : SAnews.gov.za
Source : SAnews.gov.za
Lire l'article original ↗À lire également

Côte d'Ivoire : Air France, actionnaire et concurrente d'Air Côte d'Ivoire, un paradoxe dénoncé par Ahoua Don Mello
Air Côte d'Ivoire a vu ses fréquences hebdomadaires sur la liaison Abidjan-Paris passer de sept à huit à compter du 29 mars 2026, contre 21 fréquences hebdomadaires cumulées…
Lire la suiteCEA : l'institution plaide pour une fiscalité des TIC mieux calibrée pour booster le numérique africain
La Commission économique pour l'Afrique (CEA) a réuni 144 participants issus de 46 pays, dont 34 pays africains et 12 pays d'autres régions, lors d'un atelier en ligne tenu le 17…
Lire la suite