Afrique de l'Ouest : l'AES affiche des ratios budgétaires plus solides que le Sénégal et le Togo, selon une table ronde à Abidjan
Le Mali affiche un déficit budgétaire de -2,7% du PIB en 2025 et le Burkina Faso de -2,9%, sous le seuil de 3% des critères de convergence de l'UEMOA, contre -3,6% pour le Togo et -7,9% pour le Sénégal. Ces chiffres ont été présentés lors d'une table ronde de la Bloomfield Review le 27 octobre à Abidjan, selon RTI Info. Modérée par Stanislas Zézé, fondateur de Bloomfield Intelligence, la rencontre s'appuyait sur des études croisées de Bloomfield Intelligence et d'Interglobe Conseils, comparant économies côtières (Côte d'Ivoire, Bénin, Sénégal) et pays de l'AES (Burkina Faso, Mali, Niger). Sur la dette publique, le Niger affiche 42% du PIB, le Mali 49%, le Burkina Faso 53%, loin des 123% du Sénégal. Le Burkina Faso mobilise 20,3% de son PIB en recettes hors dons, un niveau comparable aux économies littorales. Ces chiffres nuancent le récit d'une fragilité économique des pays sahéliens. Les panélistes recommandent d'évaluer les partenariats sur des critères concrets -- IDE, échanges commerciaux, transferts de technologies -- plutôt que sur les clivages diplomatiques. Les pays côtiers gardent l'avantage de l'accès portuaire, tandis que les États sahéliens, enclavés, dépendent de la coopération régionale pour leurs approvisionnements. La discipline budgétaire de Bamako et Ouagadougou en 2025 contraste avec le dérapage sénégalais, dette et déficit dépassant largement les plafonds communautaires. Repère Sankofa -- Les pays de l'AES restent arrimés à l'UEMOA et au franc CFA malgré leur rupture avec la CEDEAO, sous réserve de constat réel sur le terrain politique et géopolitique. Pour la rédaction, des ratios budgétaires solides ne suffisent pas à garantir une souveraineté économique pleine tant que la politique monétaire reste partagée avec des institutions extérieures.
Naby Sylla
Une analyse des ratios budgétaires en Afrique de l'Ouest
La table ronde organisée par Bloomfield Review à Abidjan a mis en lumière des résultats budgétaires intéressants pour les pays de l'Afrique de l'Ouest, en particulier ceux de l'Alliance des États du Sahel (AES). Les chiffres présentés révèlent que le Mali affiche un déficit budgétaire de -2,7% du PIB en 2025 et le Burkina Faso de -2,9%, des niveaux qui respectent les critères de convergence de l'Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA). En revanche, le Togo et le Sénégal dépassent ces seuils, avec des déficits de -3,6 % et -7,9 %. Ces résultats soulignent un contraste frappant entre les performances budgétaires des pays sahéliens et celles de leurs voisins côtiers. Les panélistes ont noté que malgré les défis auxquels ils font face, les pays de l'AES montrent une discipline budgétaire qui pourrait être perçue comme un atout dans un contexte économique global incertain.
La question de la dette publique
Un autre point clé abordé lors de cette rencontre concerne la gestion de la dette publique. Le Niger affiche 42% du PIB, le Mali 49%, le Burkina Faso 53%, des niveaux qui restent bien en deçà des 123% affichés par le Sénégal. Cette situation pourrait être interprétée comme un signe de résilience économique pour les pays de l'AES, qui semblent mieux gérer leur endettement par rapport à d'autres nations de la région. Cette dynamique budgétaire soulève des interrogations sur la manière dont les pays sahéliens peuvent continuer à attirer des investissements et à soutenir leur croissance économique. Les experts ont suggéré que le Burkina Faso mobilise 20,3% de son PIB en recettes hors dons, un niveau comparable aux économies littorales. Cela pourrait indiquer une capacité à générer des ressources internes, essentielle pour réduire la dépendance aux financements extérieurs.
Les enjeux de la coopération régionale
Les discussions ont également mis en exergue l'importance de la coopération régionale pour les pays sahéliens, qui sont souvent enclavés et dépendent des corridors commerciaux pour accéder aux marchés internationaux. Les pays côtiers, bénéficiant d'un accès portuaire, ont un avantage stratégique dans le commerce international. Cela signifie que pour les pays de l'AES, renforcer les relations commerciales et les partenariats régionaux pourrait être crucial pour leur développement économique. Les panélistes ont recommandé d'évaluer les partenariats en se basant sur des critères concrets tels que les investissements directs étrangers, les échanges commerciaux et les transferts de technologies. Une telle approche pourrait permettre aux États de mieux mesurer les retombées de leurs relations économiques et de privilégier les collaborations qui apportent une valeur ajoutée réelle.
Une dynamique à surveiller
Il est essentiel de noter que, malgré les indicateurs budgétaires encourageants, la situation politique et géopolitique dans la région demeure volatile. Les pays de l'AES, bien qu'ils affichent des performances économiques solides sur certains aspects, doivent naviguer dans un environnement complexe, marqué par des tensions diplomatiques et des défis internes. Les experts ont souligné que des ratios budgétaires solides ne suffisent pas à garantir une souveraineté économique pleine tant que la politique monétaire reste partagée avec des institutions extérieures. Cela soulève des questions sur la capacité des États à prendre des décisions économiques indépendantes et à orienter leur développement selon leurs propres priorités.
Ce que cela change
Pour un entrepreneur ou un investisseur africain, ces résultats peuvent être interprétés comme un signal positif sur la solidité budgétaire et la gestion de la dette dans les pays de l'AES. Cela signifie qu'il pourrait être opportun d'explorer des opportunités d'investissement dans ces pays, qui montrent une capacité à maintenir des ratios budgétaires sains. Par ailleurs, la nécessité de renforcer la coopération régionale pourrait ouvrir des voies pour des partenariats stratégiques, notamment dans des secteurs tels que la logistique et les infrastructures, qui sont cruciaux pour le développement économique des pays sahéliens. Source : RTI Info (Radiodiffusion Télévision Ivoirienne)
Source : RTI Info (Radiodiffusion Télévision Ivoirienne)
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