Gabon : la dette publique s'envolerait vers 94% du PIB d'ici 2027 après l'émission d'un Eurobond de 920 millions de dollars
Le Gabon, sorti de la transition militaire initiée en 2023 sous Brice Oligui Nguema, cherche à financer sa reconstruction institutionnelle et ses infrastructures via les marchés internationaux, notamment par une émission Eurobond de 920 millions de dollars évoquée dans les récentes opérations de financement souverain. Selon des estimations du Fonds monétaire international (FMI) basées sur des données arrêtées au 2 avril, la dette publique gabonaise, qui s'établissait à 70,9% du PIB en 2024, devrait grimper à 78,9% en 2025, puis 86,1% en 2026, pour atteindre 94,3% en 2027 — soit une hausse cumulée de 23,4 points de pourcentage en trois ans. Cette trajectoire interpelle : le seuil communautaire CEMAC fixé à 70% était déjà dépassé en 2024, plaçant Libreville en situation de non-conformité vis-à-vis des critères de convergence régionaux censés garantir la stabilité du franc CFA. Pour les épargnants, investisseurs et bailleurs, cette dynamique soulève des questions sur la soutenabilité budgétaire d'un pays fortement dépendant des recettes pétrolières, dont la volatilité expose directement le service de la dette. L'enjeu sera de transformer ces financements en investissements productifs plutôt qu'en simple refinancement de dette existante, sous peine de fragiliser durablement la trajectoire économique post-transition.
JEaLiFe Pictures
Le Gabon face à l'Eurobond et à une dette croissante
Le Gabon, en phase de reconstruction institutionnelle après une transition militaire, se tourne vers les marchés internationaux pour financer ses projets. L'émission d'un Eurobond de 920 millions de dollars s'inscrit dans cette dynamique, visant à soutenir des infrastructures essentielles et à stabiliser l'économie. Cependant, cette stratégie soulève des préoccupations quant à la soutenabilité de la dette publique, qui devrait atteindre 94,3% du PIB d'ici 2027.
Une trajectoire de dette préoccupante
Les projections du Fonds monétaire international (FMI) indiquent que la dette publique gabonaise, qui s'établissait à 70,9% du PIB en 2024, devrait grimper de manière significative dans les années à venir. Cette augmentation devrait grimper à 78,9% en 2025, puis 86,1% en 2026, pour atteindre 94,3% en 2027, représentant une hausse cumulative de 23,4 points de pourcentage en seulement trois ans. Une telle trajectoire interpelle, surtout dans le contexte des critères de convergence régionaux de la CEMAC, qui fixent un seuil de 70% pour la dette publique. Le Gabon se trouve donc dans une situation de non-conformité, plaçant Libreville en situation de non-conformité vis-à-vis des critères de convergence régionaux, ce qui pourrait avoir des répercussions sur sa crédibilité auprès des investisseurs.
Dépendance aux recettes pétrolières
Le pays est fortement dépendant des recettes pétrolières, dont la volatilité peut affecter directement le service de la dette. Cette dépendance pose un défi majeur pour le gouvernement gabonais, qui doit transformer les financements obtenus par l'Eurobond en investissements productifs. En effet, si ces fonds sont utilisés uniquement pour le refinancement de la dette existante, cela pourrait fragiliser la trajectoire économique post-transition et compromettre les efforts de développement.
Les enjeux pour les investisseurs
Pour les épargnants, investisseurs et bailleurs, la situation actuelle du Gabon soulève des questions cruciales sur la soutenabilité budgétaire du pays. L'augmentation de la dette publique pourrait limiter la capacité du gouvernement à investir dans des projets qui favorisent la croissance économique à long terme. Les investisseurs doivent donc évaluer le risque associé à cette dynamique, en tenant compte de la nécessité pour le Gabon de diversifier son économie et de réduire sa dépendance aux hydrocarbures.
Ce que cela change
Pour un entrepreneur ou un investisseur africain, cette situation signifie qu'il est essentiel de suivre de près l'évolution de la politique économique gabonaise. La capacité du gouvernement à transformer les financements en projets productifs sera déterminante pour l'avenir économique du pays. Une attention particulière doit être portée aux secteurs susceptibles de bénéficier de ces investissements, ainsi qu'à la manière dont le Gabon prévoit de gérer sa dette croissante. En somme, la situation actuelle pourrait offrir des opportunités, mais elle nécessite également une évaluation rigoureuse des risques associés. Source : AllAfrica
Source : AllAfrica
Lire l'article original ↗À lire également

Côte d'Ivoire : Air France, actionnaire et concurrente d'Air Côte d'Ivoire, un paradoxe dénoncé par Ahoua Don Mello
Air Côte d'Ivoire a vu ses fréquences hebdomadaires sur la liaison Abidjan-Paris passer de sept à huit à compter du 29 mars 2026, contre 21 fréquences hebdomadaires cumulées…
Lire la suiteCEA : l'institution plaide pour une fiscalité des TIC mieux calibrée pour booster le numérique africain
La Commission économique pour l'Afrique (CEA) a réuni 144 participants issus de 46 pays, dont 34 pays africains et 12 pays d'autres régions, lors d'un atelier en ligne tenu le 17…
Lire la suite