Égypte : Al-Sissi valide l'émission de sukuk fiscaux pour alléger la dette publique
Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a approuvé, lundi 10 août, l'émission de sukuk fiscaux, des instruments souscrits par les contribuables et dont le montant peut être déduit de leurs futures obligations fiscales, dans l'objectif de réduire les besoins de financement de l'État et de contenir le coût du service de la dette. Selon Financial Afrik, la décision a été prise lors d'une réunion tenue à New Alamein avec le Premier ministre Mostafa Madbouly et le ministre des Finances Ahmed Kouchouk, consacrée à l'évolution de la situation économique et financière du pays. Le montant précis de l'émission et son calendrier n'ont pas été communiqués. Ce nouvel instrument se distingue des sukuk souverains internationaux émis par l'Égypte en février 2023 — une première levée de 1,5 milliard de dollars destinée aux investisseurs étrangers — puisqu'il cible cette fois l'épargne des contribuables nationaux. Pour l'État égyptien, engagé depuis 2022 dans un programme avec le FMI portant sur 8 milliards de dollars (Extended Fund Facility révisé en 2024), la mesure vise à diversifier les sources de financement domestique face à un service de la dette qui absorbe une part croissante du budget. Pour les contribuables, l'instrument offre une alternative de placement adossée à une réduction future d'impôt. En interne, ce choix traduit la volonté du gouvernement Madbouly de mobiliser l'épargne domestique plutôt que les marchés internationaux, dans un contexte de livre égyptienne sous pres
Jakub Żerdzicki
Sukuk fiscaux : une réponse à la dette publique égyptienne
Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a approuvé, lundi 10 août, l'émission de sukuk fiscaux, une initiative qui vise à alléger la pression sur la dette publique du pays. Ces instruments financiers, souscrits par les contribuables, permettent à ceux-ci de déduire le montant investi de leurs obligations fiscales futures. Cette décision, prise lors d'une réunion à New Alamein avec le Premier ministre Mostafa Madbouly et le ministre des Finances Ahmed Kouchouk, s'inscrit dans un contexte économique délicat pour l'Égypte. Les sukuk fiscaux se distinguent des sukuk souverains internationaux émis par l'Égypte en février 2023, qui avaient pour but d'attirer les investisseurs étrangers. En revanche, cette nouvelle émission cible spécifiquement l'épargne des citoyens égyptiens. L'objectif est clair : réduire les besoins de financement de l'État tout en maîtrisant le coût du service de la dette, qui représente une part de plus en plus importante du budget national.
Mobilisation de l'épargne domestique
Cette initiative s'inscrit dans une stratégie plus large du gouvernement égyptien, qui cherche à diversifier ses sources de financement, notamment en mobilisant l'épargne domestique. En effet, la situation économique actuelle, exacerbée par un programme avec le FMI portant sur 8 milliards de dollars, rend nécessaire une approche innovante pour faire face aux défis financiers. En proposant des sukuk fiscaux, l'État espère offrir aux contribuables une alternative d'investissement attrayante, tout en allégeant sa propre charge en matière de dette. Le ministre des Finances a également évoqué lors de cette réunion la première application mobile officielle dédiée aux services de la fiscalité immobilière, ainsi qu’une application et un système similaires en préparation pour la taxe sur les transactions immobilières.
Une croissance en demi-teinte
Sur le plan macroéconomique, l'Égypte a enregistré une croissance de 5,3 % au cours des neuf premiers mois de l'exercice budgétaire 2025/2026. Cependant, cette croissance doit être mise en perspective avec la nécessité de réduire la dette publique, qui a reculé d’environ 10 à 11 points de pourcentage au cours des deux dernières années. Ces chiffres, bien qu'encourageants, soulignent la fragilité de la situation économique égyptienne et la nécessité d'une gestion prudente des finances publiques. Les responsables ont également discuté des mesures de couverture mises en place pour limiter l'exposition de l'Égypte aux fluctuations des prix mondiaux du pétrole. Dans un contexte où les prix de l'énergie peuvent avoir un impact significatif sur l'économie, ces mesures sont essentielles pour stabiliser les finances publiques.
Ce que cela change
Pour les entrepreneurs et investisseurs africains, l'émission de sukuk fiscaux en Égypte représente une opportunité d'explorer de nouveaux instruments financiers locaux. Pour une PME, cela signifie un accès potentiel à des financements alternatifs tout en bénéficiant d'avantages fiscaux. En outre, cette initiative pourrait inciter d'autres pays africains à envisager des solutions similaires pour mobiliser l'épargne nationale et réduire leur dépendance aux marchés internationaux. Toutefois, il est essentiel de suivre l'évolution de la situation politique et géopolitique en Égypte pour évaluer la pérennité de ces mesures. Source : Financial Afrik
Source : Financial Afrik
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