Kenya : le gouvernement va bâtir 10 centres spécialisés de santé maternelle et néonatale dans les comtés les plus touchés
Le ministère de la Santé du Kenya annonce la création de 10 centres complets de santé maternelle et néonatale dans les comtés enregistrant la charge la plus lourde de décès maternels et néonatals évitables. Selon un communiqué du ministère relayé par Africa Newsroom (APO), ces infrastructures visent à accélérer la réduction de la mortalité maternelle et infantile à travers un investissement ciblé dans les zones les plus vulnérables du pays. Le communiqué ne précise ni le nom des comtés sélectionnés, ni le budget alloué, ni le calendrier de construction de ces dix centres. Le Kenya affichait un ratio de mortalité maternelle de 355 décès pour 100 000 naissances vivantes selon l'Enquête démographique et de santé (KDHS) 2022, et un taux de mortalité néonatale de 21 pour 1 000 naissances vivantes, des niveaux encore éloignés de la cible des Objectifs de développement durable fixée à moins de 70 pour 100 000 d'ici 2030. Le pays compte 47 comtés, compétents en matière de santé depuis la dévolution de 2013, avec des capacités hospitalières très inégales selon les régions. Ces centres devraient rapprocher les soins obstétricaux d'urgence et la réanimation néonatale des populations rurales les plus exposées, réduisant les délais de référence vers les hôpitaux nationaux de Nairobi ou Mombasa souvent évoqués comme facteur de surmortalité. Cet investissement s'inscrit dans la transition vers la couverture sanitaire universelle portée par la Social Health Authority, qui a remplacé le NHIF en 2024, et dans la continuité du programme Linda Mama de maternité gratuite lancé en 2013 ; son succès dépendra toutefois de la capacité des comtés bénéficiaires à recruter et retenir du personnel obstétrical qualifié, un défi récurrent du système de santé dévolu kényan.
Ferenc Almasi
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