Cameroun : 80% de la dette rétrocédée détenue par quatre entreprises publiques
Au Cameroun, l'État contracte régulièrement des emprunts extérieurs qu'il rétrocède ensuite à des entreprises publiques pour financer des projets stratégiques, notamment dans les infrastructures. Ce mécanisme, piloté par la Caisse autonome d'amortissement (CAA), fait l'objet d'un suivi mensuel. Selon la note de conjoncture de la CAA publiée le 27 juillet 2026, l'encours total de ces prêts rétrocédés atteignait 845,2 milliards de FCFA (près de 1,5 milliard USD) à fin juin 2026, réparti entre onze entreprises et établissements publics. Fait marquant : 672,3 milliards de FCFA (environ 1,16 milliard USD), soit près de 80% du total, sont concentrés sur seulement quatre structures : CAMTEL (télécoms), CAMWATER (eau), SONATREL (transport d'électricité) et EDC (développement électrique). Cette concentration révèle où porte l'effort d'investissement public camerounais : les infrastructures énergétiques et hydrauliques, secteurs jugés prioritaires. Pour l'État, le risque est que la capacité de remboursement de ces sociétés dépende de leurs propres revenus tarifaires ; en cas de difficultés, la dette pourrait peser directement sur le budget public. L'analyse invite à s'interroger sur la santé financière réelle de ces quatre entités, non détaillée dans la note de la CAA. Sans données sur leurs recettes propres, leur taux de recouvrement ou leur exposition aux devises, il est difficile d'évaluer le risque contingent réel pour les finances publiques camerounaises.

Une dette rétrocédée concentrée sur quatre entreprises
Au Cameroun, l'État a mis en place un mécanisme de financement des projets stratégiques à travers des emprunts extérieurs qu'il rétrocède à des entreprises publiques. Ce système, orchestré par la Caisse autonome d'amortissement (CAA), vise à soutenir des secteurs jugés prioritaires, notamment les infrastructures. Selon la note de conjoncture de la CAA publiée le 27 juillet 2026, l'encours total de ces prêts rétrocédés atteignait 845,2 milliards de FCFA (près de 1,5 milliard USD) à fin juin 2026, dont près de 80% sont concentrés sur quatre entreprises : CAMTEL, CAMWATER, SONATREL et EDC. Cette concentration des prêts révèle les priorités d'investissement de l'État camerounais, qui se focalise sur les infrastructures énergétiques et hydrauliques. CAMTEL porte à elle seule 230,4 milliards de FCFA (environ 398,03 millions USD) de cette dette, principalement pour le déploiement du réseau national à haut débit. CAMWATER suit avec 194,9 milliards de FCFA (près de 337 millions USD) consacrés à l’adduction d’eau potable et à la réhabilitation des réseaux urbains. La SONATREL arrive en troisième position avec 134,9 milliards de FCFA (environ 233,05 millions USD) pour la remise à niveau du réseau de transport électrique, suivie par EDC, à 112,1 milliards de FCFA (environ 194 millions USD), notamment pour le barrage de Lom Pangar et les programmes hydroélectriques sur la Sanaga.
Les enjeux de la santé financière des entreprises publiques
L'analyse de la CAA soulève des questions sur la santé financière de ces quatre entités. En effet, la capacité de remboursement de ces sociétés dépend de leurs revenus tarifaires. Si ces entreprises rencontrent des difficultés financières, cela pourrait avoir des répercussions directes sur le budget public. Or, la note de la CAA ne fournit pas d'informations détaillées sur les recettes propres de ces entreprises, leur taux de recouvrement ou leur exposition aux fluctuations des devises. Cette absence de données précises rend difficile l'évaluation du risque potentiel que représente cette dette pour les finances publiques camerounaises. Dans un contexte où les entreprises publiques sont souvent confrontées à des défis opérationnels et financiers, la question de leur viabilité à long terme se pose. Pour l'État, cela pourrait signifier une pression accrue sur le budget national en cas de défaillance.
Une dynamique de financement fluctuante
L'encours de la dette rétrocédée est en net recul de 3,7% en glissement annuel et de 2,9% par rapport à fin mai 2026, mais en augmentation de 20,2 milliards de FCFA, soit 2,4%, comparé aux 825 milliards de FCFA (environ 1,4 milliard USD) enregistrés fin mars 2026. Ces variations peuvent sembler contradictoires, mais elles sont liées à la nature même du mécanisme de financement. En effet, l'évolution de l'encours est influencée par les amortissements, les nouveaux décaissements et les fluctuations de change, ce qui rend l'analyse complexe. Il est également important de noter que cette dette est juridiquement distincte de celle que ces entreprises peuvent contracter directement. Les 845,2 milliards de FCFA demeurent comptabilisés dans la dette extérieure de l’administration centrale, l’État restant l’emprunteur formel vis-à-vis des bailleurs. Cela souligne la nécessité d'une gestion rigoureuse et d'une transparence accrue dans le suivi de ces financements.
Source : Financial Afrik
Source : Financial Afrik
Lire l'article original ↗À lire également

Côte d'Ivoire : Air France, actionnaire et concurrente d'Air Côte d'Ivoire, un paradoxe dénoncé par Ahoua Don Mello
Air Côte d'Ivoire a vu ses fréquences hebdomadaires sur la liaison Abidjan-Paris passer de sept à huit à compter du 29 mars 2026, contre 21 fréquences hebdomadaires cumulées…
Lire la suiteCEA : l'institution plaide pour une fiscalité des TIC mieux calibrée pour booster le numérique africain
La Commission économique pour l'Afrique (CEA) a réuni 144 participants issus de 46 pays, dont 34 pays africains et 12 pays d'autres régions, lors d'un atelier en ligne tenu le 17…
Lire la suite